- January
- 14th
- 2012
[DZBlogDay] Réagir pour l’Algérie
dzlogday, universitéJ’ai choisi de déformer un peu le titre du thème de ce nouveau DZBlogDay version 2012 pour mettre en exergue la nécessité de redoubler d’efforts pour contrecarrer la médiocrité croissante vers laquelle glisse le pays, car ce qu’il faut est non plus seulement agir mais réagir et au plus vite, le temps presse et une génération est entrain de se former sans le moindre repère sauf celui du bas (j’offre le moins de choses possibles tout en demandant le plus possible, c’est comme ça que je réussirais dans la vie car je serais le plus rusé de tous).
Bien sûr, la médiocrité gangrène presque tout les domaines en Algérie, sauf peut être celui de l’auto-dérision qui connait un succès inexplicable (pour moi en tout cas), la médiocrité touche toutes les tranches de personnes, du simple ouvrier aux employés de l’état, et, n’ayons pas peur de le dire, touche même les ministres. J’ai choisi de parler de ce mal car à mes yeux, il est le principal facteur de régression intellectuelle du pays qui se traduit par une économie faible.
Mais comme je ne peux pas parler de tout (ça prendrais des mois), j’ai choisi de parler d’un domaine dans lequel j’évolue: celui de l’enseignement, et de rompre avec la tradition de la critique à outrance pour esquisser quelques idées que j’ai dans la tête depuis quelques années.
Comme l’année passée j’ai parlé de l’éducation, cette année je vais parler de l’enseignement supérieur, car c’est de là qu’émerge l’élite de tout pays qui se respecte, si l’on veut construire l’Algérie, c’est par là qu’il faut commencer. Je n’ai pas besoin de rappeler l’état lamentable dans lequel se trouve la plupart des universités Algériennes, je ne vais pas citer tout les problèmes dont souffrent ces universités, chacun de vous y ayant fait un passage aussi bref qu’il ait pu être, aura remarqué que l’université Algérienne est dans un sale état (d’où la brièveté de son passage dans la plupart des cas). Je vais seulement citer les deux problèmes dans lesquels je vois les principales causes de ce malheur: la mal organisation et la satisfaction par le médiocre. Bien sûr il existe un autre mal mais qui est quasi-incurable pour le moment: celui de l’incompétence d’une sévère tranche du corps enseignant, mais je crois fermement que si les acteurs motivés y mettent du cœur, du courage et du sacrifice, on pourra s’en sortir.
Pour en revenir aux deux principaux problèmes que j’ai cité, je propose de penser à une solution pour le premier liée à l’outil que vous utilisez en ce moment pour me lire: les technologies de l’information et de la communication. On peut dire aujourd’hui que l’internet a une pénétration assez importante dans les “habitudes” des gens, et surtout des jeunes, qu’il serait idiot de ne pas s’en servir pour contrecarrer au problème de l’organisation. D’un autre coté, je sais (et j’ai eu l’occasion de le remarquer à maintes reprises) qu’on a en Algérie des talents en ce qui concerne le domaine de la programmation web. Ce que je vois là c’est un problème, et une solution potentielle: pourquoi ne pas réfléchir à un projet web, une sorte de plateforme qui regrouperait tout ce qui est du ressort de l’organisation, de la communication et pourquoi pas même de l’enseignement au sein de l’université Algérienne?
Voilà comment j’imagine la chose: tout acteur de l’université, du simple étudiant au recteur de l’université en passant par les enseignants et agents administratifs, aura son propre accès avec ses propres prérogatives et missions, le système devra être fiable, sécurisé et doté d’une fonction de suivi des activités de chacun. Parmi les fonctionnalités que devra fournir le système: planing, affichage des notes, fiches TD, esquisses des cours (slides), système de news relatif à chaque université (notes de l’administration, des enseignants, …etc), espace de discussions intra et inter-universitaire selon les facultés, les filières, les spécialités, les promotions, …etc, rubrique d’aide en live, archives, inscriptions, réinscriptions, alertes SMS, cours en ligne, vidéos de cours, formulaires en ligne, …etc
Bien sûr une multitude d’idées peuvent surgir c’est pour cela que le système doit être robuste et évolutif, doté d’une capacité d’intégrer de nouveaux modules, c’est pour cela que coté programmation je propose ce qui suit:
- Le système ne doit pas être basé sur des frameworks déjà existant (zend, symphony, yii, et compagnie) et ceci dans un seul but: permettre à de nouveaux adhérents au projet de se mettre dans le bain sans avoir à faire des tonnes de lectures, au contraire il devra lui-même être une sorte de framework.
- Il devra aussi être virtuellement centralisé et physiquement distribué, les serveurs des différentes universités pourraient être un bon support physique.
- Chaque utilisateur du système devra recevoir ses informations de connexion en main propre (une inscription en ligne n’étant pas possible à cause du risque de fraude).
- Une poignée d’agents techniques devront s’occuper de la maintenance locale de la plateforme.
Bien sûr ce ne sont que des idées en l’air, je ne me prétend pas être un expert pour pouvoir mettre au point un tel projet, des gens plus compétents devront le prendre en main. Aussi, il faut savoir que ce genre de projet ne se fait pas en quelques mois mais peut prendre énormément de temps, il ne se fait pas individuellement mais en équipe, le tout est de bien faire les choses, ne pas accepter la médiocrité, bien s’organiser et surtout coopérer dans le sens constructif.
Si le projet est assez robuste, entretenu par des gens sérieux, les autorités compétentes seront forcées d’accueillir positivement le projet et pourquoi pas, de le financer et de l’adopter. Afin d’atteindre ce but il faudra laisser les habituelles appréhensions qui tuent dans l’œuf toute bonne intention et y mettre du sien. J’attend vos commentaires
…
